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Enigmesilence (709) — Je me brise lorsqu on me nomme (703) — Devinette enigme (589) — Elle n est la que si on la cherche des qu on la trouve elle n existe plus (573) — Qu est ce qu on peut briser en un mot et des qu on le nomme il n existe plus (547) — Enigme sur le silence (367) — Devinette silence (289) — Devinette sur le silence (263) — Enigme le silence (213) — Qu Unforum ou vous incarner un personnage de dĂ©mon Ă  humain, et autres.Incarner votre personnage dans un milieu mĂ©di-fantastique mĂ©llĂ© avec le futuriste. DĂ©sormais ex ministre de la SantĂ© et de l’Action sociale, Abdoulaye Diouf Sarr, n’a pas tardĂ© Ă  rĂ©agir suite Ă  son limogeage. PUBLICITÉ. « AprĂšs avoir rĂ©itĂ©rĂ© mon soutien moral Ă  quefait on lorsqu'on nomme? If this is your first visit, be sure to check out the FAQ by clicking the link above. You may have to register before you can post: click the register link above to proceed. To start viewing messages, select the forum that you want to visit from the selection below. + UneAssemblĂ©e a lieu en ce moment mĂȘme, ouverte Ă  tous. Venez nombreux pour participer ! Cependant, n'oubliez pas, les postes sont limitĂ©s Ă  40 lignes pour ce topic. Site De Rencontre Gratuit Entre Femmes. ACTE TROISIÈMELE VIEILLARD LE CHÂTEAU DE SILVADans les montagnes d’Aragon. La galerie des portraits de famille de Silva ; grande salle, dont ces portraits entourĂ©s de riches bordures, et surmontĂ©s de couronnes ducales et d’écussons dorĂ©s, font la dĂ©coration. Au fond une haute porte gothique. Entre chaque portrait une panoplie complĂšte, toutes ces armures de siĂšcles diffĂ©rents. SCÈNE PREMIÈRE DOÑA SOL, blanche et debout prĂšs d’une table, DON RUY GOMEZ DE SILVA, assis dans un grand fauteuil ducal en bois de chĂȘne. don ruy gomez. Enfin ! C’est aujourd’hui ! Dans une heure on sera Ma duchesse ! Plus d’oncle ! et l’on m’embrassera ! Mais, m’as-tu pardonnĂ© ? J’avais tort, je l’avoue. J’ai fait rougir ton front, j’ai fait pĂąlir ta joue J’ai soupçonnĂ© trop vite, et je n’aurais point dĂ» Te condamner ainsi sans avoir entendu. Que l’apparence a tort ! Injustes que nous sommes ! Certe, ils Ă©taient bien lĂ , les deux beaux jeunes hommes ! C’est Ă©gal. Je devais n’en pas croire mes yeux. Mais que veux-tu, ma pauvre enfant ? Quand on est vieux ! doña sol, immobile et grave. Vous reparlez toujours de cela, qui vous blĂąme ? don ruy gomez. Moi ! J’eus tort. Je devais savoir qu’avec ton Ăąme On n’a point de galants, quand on est doña Sol, Et qu’on a dans le cƓur de bon sang espagnol. doña sol. Certes, il est bon et pur, monseigneur ; et peut-ĂȘtre On le verra bientĂŽt. don ruy gomez, se levant et allant Ă  elle. Écoute, on n’est pas maĂźtre De soi-mĂȘme, amoureux comme je suis de toi, Et vieux. On est jaloux, on est mĂ©chant ! Pourquoi ? Parce que l’on est vieux. Parce que beautĂ©, grĂące, Jeunesse, dans autrui, tout fait peur, tout menace. Parce qu’on est jaloux des autres, et honteux De soi. DĂ©rision ! Que cet amour boiteux Qui nous remet au cƓur tant d’ivresse et de flamme, Ait oubliĂ© le corps en rajeunissant l’ñme ! Quand passe un jeune pĂątre, — oui, c’en est lĂ  ! — souvent, Tandis que nous allons, lui chantant, moi rĂȘvant, Lui, dans son prĂ© vert, moi dans mes noires allĂ©es, Souvent je dis tout bas Ô mes tours Ă©croulĂ©es, Mon vieux donjon ducal, que je vous donnerais ! Oh ! Que je donnerais mes blĂ©s et mes forĂȘts, Et les vastes troupeaux qui tondent mes collines, Mon vieux nom, mon vieux titre et toutes mes ruines ; Et tous mes vieux aĂŻeux qui bientĂŽt me verront, Pour sa chaumiĂšre neuve, et pour son jeune front ! — Car ses cheveux sont noirs ; car son Ɠil reluit comme Le tien. Tu peux le voir et dire ce jeune homme ! Et puis, penser Ă  moi qui suis vieux. — Je le sais ! Pourtant, j’ai nom Silva, mais ce n’est plus assez. Oui, je me dis cela. Vois Ă  quel point je t’aime ! Le tout, pour ĂȘtre jeune et beau comme toi-mĂȘme ! Mais Ă  quoi vais-je ici rĂȘver ? Moi, jeune et beau ! Qui te dois de si loin devancer au tombeau ! doña sol. Qui sait ? don ruy gomez. Mais, va, crois-moi, ces cavaliers frivoles N’ont pas d’amour si grand qu’il ne s’use en paroles. Qu’une fille aime et croie un de ces jouvenceaux, Elle en meurt ; il en rit. Tous ces jeunes oiseaux, À l’aile vive et peinte, au langoureux ramage, Ont un amour qui mue ainsi que leur plumage. Les vieux, dont l’ñge Ă©teint la voix et les couleurs, Ont l’aile plus fidĂšle, et, moins beaux, sont meilleurs. Nous aimons bien. Nos pas sont lourds ? Nos yeux arides ? Nos fronts ridĂ©s ? Au cƓur on n’a jamais de rides. HĂ©las ! Quand un vieillard aime, il faut l’épargner ; Le cƓur est toujours jeune et peut toujours saigner. Ah ! Je t’aime en Ă©poux, en pĂšre ! Et puis encore De cent autres façons, comme on aime l’aurore, Comme on aime les fleurs, comme on aime les cieux ! De te voir tous les jours, toi, ton pas gracieux, Ton front pur, le beau feu de ta douce prunelle, Je ris, et j’ai dans l’ñme une fĂȘte Ă©ternelle ! Doña Sol. HĂ©las ! don ruy gomez. Et puis, vois-tu ? Le monde trouve beau, Lorsqu’un homme s’éteint, et, lambeau par lambeau S’en va, lorsqu’il trĂ©buche au marbre de la tombe ; Qu’une femme, ange pur, innocente colombe, Veille sur lui, l’abrite, et daigne encor souffrir L’inutile vieillard qui n’est bon qu’à mourir. C’est une Ɠuvre sacrĂ©e, et qu’à bon droit on loue, Que ce suprĂȘme effort d’un cƓur qui se dĂ©voue, Qui console un mourant jusqu’à la fin du jour, Et, sans aimer peut-ĂȘtre, a des semblants d’amour ! Ah ! Tu seras pour moi cet ange au cƓur de femme, Qui, du pauvre vieillard rĂ©jouit encor l’ñme, Et de ses derniers ans lui porte la moitiĂ©, Fille par le respect et sƓur par la pitiĂ©. doña sol. Loin de me prĂ©cĂ©der, vous pourrez bien me suivre, Monseigneur ! Ce n’est pas une raison pour vivre Que d’ĂȘtre jeune. HĂ©las ! Je vous le dis, souvent Les vieillards sont tardifs, les jeunes vont devant, Et leurs yeux brusquement referment leur paupiĂšre, Comme un sĂ©pulcre ouvert dont retombe la pierre. don ruy gomez. Oh ! Les sombres discours ! Mais je vous gronderai, Enfant ! Un pareil jour est joyeux et sacrĂ©. Comment Ă  ce propos, quand l’heure nous appelle, N’ĂȘtes-vous pas encor prĂȘte pour la chapelle ? Mais, vite ! Habillez-vous. — Je compte les instants. La parure de noce ! doña sol. Il sera toujours ruy gomez. Non pas. Entre un page Que veut Iaquez ?le page. Monseigneur, Ă  la porte, Un homme, un pĂšlerin, un mendiant, n’importe, Est lĂ  qui vous demande asile. don ruy gomez. Quel qu’il soit, Le bonheur entre avec l’étranger qu’on reçoit, Qu’il vienne. — Du dehors a-t-on quelques nouvelles ? Que dit-on de ce chef de bandits infidĂšles Qui remplit nos forĂȘts de sa rĂ©bellion ? le page. C’en est fait d’Hernani ; c’en est fait du lion De la montagne. doña sol, Ă  part. Dieu !don ruy gomez, au page. Quoi ?le page. La troupe est dĂ©truite. Le roi, dit-on, s’est mis lui-mĂȘme Ă  leur poursuite. La tĂȘte d’Hernani vaut mille Ă©cus du roi, Pour l’instant ; mais on dit qu’il est mort. doña sol, Ă  part. Quoi ! Sans moi, Hernani ? don ruy gomez. GrĂące au ciel ! Il est mort, le rebelle ! On peut se rĂ©jouir maintenant, chĂšre belle ! Allez donc vous parer, mon amour, mon orgueil ! Aujourd’hui, double fĂȘte. doña sol, Ă  part. Oh ! Des habits de sort. don ruy gomez, au page. Fais-lui vite porter l’écrin que je lui donne. Il se rassied dans son fauteuil. Je veux la voir parĂ©e ainsi qu’une madone, Et, grĂące Ă  ses yeux noirs, et grĂące Ă  mon Ă©crin, Belle Ă  faire Ă  genoux tomber un pĂšlerin. A propos, et celui qui nous demande un gĂźte ? Dis-lui d’entrer, fais-lui mes excuses ; cours vite. Le page salue et sort. Laisser son hĂŽte attendre !
 ah ! C’est mal ! La porte du fond s’ouvre, Hernani paraĂźt dĂ©guisĂ© en pĂšlerin. Le duc se lĂšve. SCÈNE II DON RUY GOMEZ DE SILVA, HERNANI. Hernani s’arrĂȘte sur le seuil de la porte. Monseigneur, Paix et bonheur Ă  vous ! don ruy gomez, le saluant de la main. À toi paix et bonheur, Mon hĂŽte !... Hernani entre. Le duc se rassied. N’es-tu pas pĂšlerin ?hernani, s'inclinant. ruy gomez Sans doute Tu viens d’Armillas ? hernani Non, j’ai pris une autre route. On se battait par lĂ . don ruy gomez La troupe du banni, N’est-ce pas ? hernani Je ne sais. don ruy chef, le Hernani, Que devient-il ? Sais-tu ? hernani. Seigneur, quel est cet homme ?don ruy gomez. Tu ne le connais pas ? Tant pis ! La grosse somme Ne sera point pour toi. Vois-tu, ce Hernani, C’est un rebelle au roi, trop longtemps impuni Si tu vas Ă  Madrid, tu le pourras voir pendre. hernani. Je n’y vais pas. don ruy gomez. Sa tĂȘte est Ă  qui veut la Ă  part. Qu’on y vienne ! don ruy gomez. OĂč vas-tu, bon pĂšlerin ?hernani. Seigneur, Je vais Ă  Saragosse. don ruy gomez. Un vƓu fait en l’honneur D’un saint ? De Notre-Dame ? hernani. Oui, duc, de ruy gomez. Del Pilar ? hernani. Del Pilar. don ruy faut n’avoir point d’ñme Pour ne point acquitter les vƓux qu’on fait aux saints. Mais, le tien accompli, n’as-tu d’autres desseins ? Voir le pilier, c’est lĂ  tout ce que tu dĂ©sires ? hernani. Oui, je veux voir brĂ»ler les flambeaux et les cires, Voir Notre-Dame au fond du sombre corridor, Luire en sa chĂąsse ardente, avec sa chape d’or ; Et puis m’en retourner. don ruy gomez. Fort bien ! Ton nom, mon frĂšre ? Je suis Ruy De Silva. hernani, hĂ©sitant. Mon nom ?...don ruy gomez. Tu peux le taire Si tu veux. Nul n’a droit de le savoir ici. Viens-tu pas demander asile ? hernani. Oui, ruy gomez. Merci. Sois le bienvenu. Reste, ami ! Ne te fais faute De rien. Quant Ă  ton nom, tu te nommes mon hĂŽte. Qui que tu sois, c’est bien ! Et, sans ĂȘtre inquiet, J’accueillerais Satan, si Dieu me l’envoyait. La porte du fond s'ouvre Ă  deux battants. Entre doña Sol, en parure de mariĂ©e. DerriĂšre elle, pages, valets, et deux femmes portant sur un coussin de velours un coffret d'argent ciselĂ©, qu'elles vont dĂ©poser sur une table, et qui renferme un riche Ă©crin, couronne de duchesse, bracelets, colliers, perles et brillants, pĂȘle-mĂȘle. — Hernani, haletant et effarĂ©, considĂšre doña Sol avec des yeux ardents, sans Ă©couter le duc. ScĂšne III LES MÊMES, DOÑA SOL, PAGES, VALETS, FEMMES. Don Ruy Gomez, continuant. Voici ma Notre-Dame Ă  moi. L’avoir priĂ©e Te portera bonheur. Il va prĂ©senter la main Ă  doña Sol, toujours pĂąle et grave. Te portera belle mariĂ©e, Venez. — Quoi ! Pas d’anneau ! Pas de couronne encor ! Hernani, d'une voix tonnante. Qui veut gagner ici mille carolus d’or ? Tous se retournent Ă©tonnĂ©s. Il dĂ©chire sa robe de pĂšlerin, la foule aux pieds et en sort dans son costume de montagnard. Je suis Hernani ! Doña Sol, Ă  part, avec joie. Je suis Hernani !Ciel ! vivant ! Hernani, aux valets. Je suis Hernani ! Ciel ! vivant !Je suis cet homme Qu’on cherche. Au duc. Qu’on chercheVous vouliez savoir si je me nomme Perez ou Diego ? – Non ! Je me nomme Hernani. C’est un bien plus beau nom, c’est un nom de banni, C’est un nom de proscrit ! Vous voyez cette tĂȘte ? Elle vaut assez d’or pour payer votre fĂȘte ! Aux valets. Je vous la donne Ă  tous. Vous serez bien payĂ©s ! Prenez ! liez mes mains, liez mes pieds, liez ! Mais non, c’est inutile, une chaĂźne me lie Que je ne romprai point. Doña Sol, Ă  part. Que je ne romprai ! Don Ruy Gomez. Que je ne romprai point. Malheureuse !Folie ! Çà, mon hĂŽte est un fou ! Hernani. Çà, mon hĂŽte est un fou !Votre hĂŽte est un bandit. Doña Sol. Oh ! Ne l’écoutez pas. Hernani. Oh ! Ne l’écoutez dit ce que j’ai dit. Don Ruy Gomez. Mille carolus d’or ! monsieur, la somme est forte Et je ne suis pas sĂ»r de tous mes gens. Hernani. Et je ne suis pas sĂ»r de tous mes ? Tant mieux si dans le nombre il s'en trouve un qui veut. Aux valets Livrez-moi ! vendez-moi ! Don Ruy Gomez, s'efforçant de le faire taire. Livrez-moi ! vendez-moi !Taisez-vous donc ! on peut Vous prendre au mot. Hernani. Vous prendre au l'occasion est belle ! Je vous dis que je suis le proscrit, le rebelle, Hernani ! Don Ruy Gomez. Hernani !Taisez-vous ! Hernani. Hernani ! Taisez-vous !Hernani ! Doña Sol, d’une voix Ă©teinte, Ă  son oreille. Hernani ! Taisez-vous ! Hernani !Oh ! tais-toi ! Hernani., se dĂ©tournant Ă  demi vers doña Sol. On se marie ici ! Je veux en ĂȘtre, moi ! Mon Ă©pousĂ©e aussi m’attend. Au duc. Mon Ă©pousĂ©e aussi m’ est moins belle Que la vĂŽtre, seigneur, mais n’est pas moins fidĂšle. C'est la mort ! Aux valets. C'est la mort !Nul de vous ne fait un pas encor ? Doña Sol, bas. Par pitiĂ© ! Hernani., aux valets. Par pitiĂ© !Hernani ! mille carolus d’or ! Don Ruy Gomez. C’est le dĂ©mon ! Hernani., Ă  un jeune homme. C’est le toi ; tu gagneras la somme. Riche alors, de valet tu redeviendras homme. Aux valets qui restent immobiles. Vous aussi, vous tremblez ! Ai-je assez de malheur ! Don Ruy Gomez. FrĂšre, Ă  toucher ta tĂȘte ils risqueraient la leur. Fusses-tu Hernani, fusses-tu cent fois pire, Pour ta vie, au lieu d’or, offrĂźt-on un empire, Mon hĂŽte ! Je te dois protĂ©ger en ce lieu, MĂȘme contre le roi, car je te tiens de Dieu. S’il tombe un seul cheveu de ton front, que je meure ! A doña Sol. Ma niĂšce, vous serez ma femme dans une heure. Rentrez chez vous. Je vais faire armer le chĂąteau, J’en vais fermer la porte. Il sort. Les valets le suivent. Hernani, regardant avec dĂ©sespoir sa ceinture dĂ©garnie et dĂ©sarmĂ©e. J’en vais fermer la ! Pas mĂȘme un couteau ! Doña Sol, aprĂšs que le duc a disparu, fait quelques pas comme pour suivre ses femmes, puis s’arrĂȘte, et, dĂšs qu’elles sont sorties, revient vers Hernani avec anxiĂ©tĂ©. ScĂšne IV HERNANI, DOÑA SOL. Hernani considĂšre avec un regard froid et comme inattentif l’écrin nuptial placĂ© sur la table ; puis il hoche la tĂȘte, et ses yeux s’allument. Hernani. Je vous fais compliment ! Plus que je ne puis dire La parure me charme et m’enchante, et j’admire ! Il s'approche de l'Ă©crin. La bague est de bon goĂ»t, – la couronne me plaĂźt, – Le collier est d'un beau travail, – et le bracelet Est rare, – mais cent fois, cent fois moins que la femme Qui sous un front si pur cache ce cƓur infĂąme ! Examinant de nouveau le coffret. Et qu'avez-vous donnĂ© pour tout cela ? – Fort bien ! Un peu de votre amour ? mais, vraiment, c'est pour rien ! Grand Dieu ! trahir ainsi ! n'avoir pas honte, et vivre ! Examinant l'Ă©crin. Mais peut-ĂȘtre aprĂšs tout c'est perle fausse et cuivre Au lieu de l'or, verre et plomb, diamants dĂ©loyaux, Faux saphirs, faux bijoux, faux brillants, faux joyaux ! Ah ! s'il en est ainsi, comme cette parure, Ton cƓur est faux, duchesse, et tu n'es que dorure ! Il revient au coffret. – Mais non, non. tout est vrai, tout est bon, tout est beau Il n’oserait tromper, lui, qui touche au tombeau. Rien n'y manque. Il prend l’une aprĂšs l’autre toutes les piĂšces de l’écrin. Rien n’y manque !Colliers, brillants, pendants d’oreille, Couronne de duchesse, anneau d’or
 — A merveille ! Grand merci de l’amour sĂ»r, fidĂšle et profond ! Le prĂ©cieux Ă©crin ! Doña Sol. Elle va au coffret, y fouille et en tire un poignard. Le prĂ©cieux Ă©crin !Vous n’allez pas au fond ! – C’est le poignard, qu’avec l’aide de ma patronne Je pris au roi Carlos, lorsqu’il m’offrit un trĂŽne, Et que je refusai, pour vous qui m’outragez ! Hernani, tombant Ă  ses pieds. Oh ! laisse, qu’à genoux, dans tes yeux affligĂ©s J’efface tous ces pleurs amers et pleins de charmes, Et tu prendras aprĂšs tout mon sang pour tes larmes ! Doña Sol, attendrie. Hernani ! je vous aime et vous pardonne, et n’ai Que de l’amour pour vous. Hernani. Que de l’amour pour m’a pardonnĂ©, Et m’aime ! Qui pourra faire aussi que moi-mĂȘme, AprĂšs ce que j’ai dit, je me pardonne et m’aime ? Oh ! Je voudrais savoir, ange au ciel rĂ©servĂ©, OĂč vous avez marchĂ©, pour baiser le pavĂ© ! Doña Sol. Ami ! Hernani. Ami !Non ! je dois t’ĂȘtre odieux ! Mais, Ă©coute, Dis-moi je t’aime ! HĂ©las ! rassure un cƓur qui doute, Dis-le moi ! car souvent, avec ce peu de mots La bouche d’une femme a guĂ©ri bien des maux ! Doña Sol, absorbĂ©e et sans l'entendre. Croire que mon amour eĂ»t si peu de mĂ©moire ! Que jamais ils pourraient, tous ces hommes sans gloire, Jusqu’à d’autres amours, plus nobles Ă  leur grĂ©, Rapetisser un cƓur oĂč son nom est entrĂ© ! Hernani. HĂ©las ! J’ai blasphĂ©mĂ© ! Si j’étais Ă  ta place, Doña Sol, j’en aurais assez, je serais lasse De ce fou furieux, de ce sombre insensĂ© Qui ne sait caresser qu’aprĂšs qu’il a blessĂ© ! Je lui dirais Va-t-en ! Repousse-moi, repousse ! Et je te bĂ©nirai, car tu fus bonne et douce, Car tu m’as supportĂ© trop longtemps, car je suis Mauvais, je noircirais tes jours avec mes nuits, Car c’en est trop enfin, ton Ăąme est belle et haute Et pure, et si je suis mĂ©chant, est-ce ta faute ? Épouse le vieux duc ! Il est bon, noble, il a Par sa mĂšre Olmedo, par son pĂšre Alcala. Encore un coup, sois riche avec lui, sois heureuse ! Moi, sais-tu ce que peut cette main gĂ©nĂ©reuse T’offrir de magnifique ? une dot de douleurs. Tu pourras y choisir ou du sang ou des pleurs. L’exil, les fers, la mort, l’effroi qui m’environne, C’est lĂ  ton collier d’or, c’est ta belle couronne, Et jamais Ă  l’épouse un Ă©poux plein d’orgueil N’offrit plus riche Ă©crin de misĂšre et de deuil. Épouse le vieillard, te dis-je ; il te mĂ©rite ! Eh ! qui jamais croira que ma tĂȘte proscrite Aille avec ton front pur ? qui, nous voyant tous deux, Toi, calme et belle, moi, violent, hasardeux, Toi, paisible et croissant comme une fleur Ă  l’ombre, Moi, heurtĂ© dans l’orage Ă  des Ă©cueils sans nombre, Qui dira que nos sorts suivent la mĂȘme loi ? Non. Dieu qui fait tout bien ne te fit pas pour moi. Je n’ai nul droit d’en haut sur toi, je me rĂ©signe ! J’ai ton cƓur, c’est un vol ! je le rends au plus digne. Jamais Ă  nos amours le ciel n’a consenti. Si j’ai dit que c’était ton destin, j’ai menti ! D’ailleurs, vengeance, amour, adieu ! mon jour s’achĂšve. Je m’en vais, inutile, avec mon double rĂȘve, Honteux de n’avoir pu ni punir, ni charmer, Qu’on m’ait fait pour haĂŻr, moi qui n’ai su qu’aimer ! Pardonne-moi ! fuis-moi ! ce sont mes deux priĂšres ; Ne les rejette pas, car ce sont les derniĂšres ! Tu vis et je suis mort. Je ne vois pas pourquoi Tu te ferais murer dans ma tombe avec moi ! Doña Sol. Ingrat ! Hernani. Ingrat !Monts d’Aragon ! Galice ! Estramadoure ! – Oh ! je porte malheur Ă  tout ce qui m’entoure ! – J’ai pris vos meilleurs fils, pour mes droits, sans remords Je les ai fait combattre, et voilĂ  qu’ils sont morts ! C’étaient les plus vaillants de la vaillante Espagne. Ils sont morts ! ils sont tous tombĂ©s dans la montagne Tous sur le dos couchĂ©s, en justes, devant Dieu, Et s’ils ouvraient les yeux, ils verraient le ciel bleu ! VoilĂ  ce que je fais de tout ce qui m’épouse ! Est-ce une destinĂ©e Ă  te rendre jalouse ? Doña Sol, prends le duc, prends l’enfer, prends le roi ! C’est bien. Tout ce qui n’est pas moi vaut mieux que moi ! Je n’ai plus un ami qui de moi se souvienne, Tout me quitte, il est temps qu’à la fin ton tour vienne, Car je dois ĂȘtre seul. Fuis ma contagion. Ne te fais pas d’aimer une religion ! Oh ! par pitiĂ© pour toi, fuis ! – Tu me crois peut-ĂȘtre Un homme comme sont tous les autres, un ĂȘtre Intelligent, qui court droit au but qu’il rĂȘva. DĂ©trompe-toi. Je suis une force qui va ! Agent aveugle et sourd de mystĂšres funĂšbres ! Une Ăąme de malheur faite avec des tĂ©nĂšbres ! OĂč vais-je ? je ne sais. Mais je me sens poussĂ© D’un souffle impĂ©tueux, d’un destin insensĂ©. Je descends, je descends, et jamais ne m’arrĂȘte. Si parfois, haletant, j’ose tourner la tĂȘte, Une voix me dit Marche ! et l’abĂźme et profond, Et de flamme et de sang je le vois rouge au fond ! Cependant, Ă  l’entour de ma course farouche, Tout se brise, tout meurt. Malheur Ă  qui me touche ! Oh ! fuis ! dĂ©tourne-toi de mon chemin fatal. HĂ©las ! sans le vouloir, je te ferais du mal ! Doña Sol. Grand Dieu ! Hernani. Grand Dieu !C’est un dĂ©mon redoutable, te dis-je, Que le mien. Mon bonheur ! voilĂ  le seul prodige Qui lui soit impossible. Et toi, c’est le bonheur ! Tu n’es donc pas pour moi, cherche un autre seigneur, Va, si jamais le ciel Ă  mon sort qu’il renie Souriait
 n’y crois pas ! ce serait ironie ! Épouse le duc ! Doña Sol. Épouse le duc !Donc ce n’était pas assez ! Vous aviez dĂ©chirĂ© mon cƓur, vous le brisez ! Ah ! Vous ne m’aimez plus ! Hernani. Ah ! Vous ne m’aimez plus !Oh ! Mon cƓur et mon Ăąme, C’est toi ! L’ardent foyer d’oĂč me vient toute flamme, C’est toi ! Ne m’en veux pas de fuir, ĂȘtre adorĂ© ! Doña Sol. Je ne vous en veux pas, seulement j’en mourrai. Hernani. Mourir ! pour qui ? pour moi ? se peut-il que tu meures Pour si peu ? Doña Sol, laissant Ă©clater ses larmes. Pour si peu ?VoilĂ  tout. Elle tombe sur un fauteuil. Hernani, s’asseyant prĂšs d’elle. Pour si peu ? VoilĂ  ! tu pleures ! tu pleures ! Et c’est encor ma faute ! Et qui me punira ? Car tu pardonneras encor ! Qui te dira Ce que je souffre au moins, lorsqu’une larme noie La flamme de tes yeux, dont l’éclair est ma joie ! Oh ! Mes amis sont morts ! Oh ! Je suis insensĂ© ! Pardonne ! Je voudrais aimer, je ne le sai. HĂ©las ! J’aime pourtant d’une amour bien profonde ! – Ne pleure pas ! mourons plutĂŽt ! – Que n’ai-je un monde ? Je te le donnerais ! Je suis bien malheureux ! Doña Sol, se jetant Ă  son cou. Vous ĂȘtes mon lion, superbe et gĂ©nĂ©reux ! Je vous aime. Hernani. Je vous ! L’amour serait un bien suprĂȘme Si l’on pouvait mourir de trop aimer ! Doña Sol. Si l’on pouvait mourir de trop aimer !Je t’aime ! Monseigneur ! Je vous aime, et je suis toute Ă  vous. Hernani, laissant tomber sa tĂȘte sur son Ă©paule. Oh ! qu’un coup de poignard de toi me serait doux ! Doña Sol, suppliante. Ah ! Ne craignez-vous pas que Dieu ne vous punisse De parler de la sorte ? Hernani, toujours appuyĂ© sur son sein. De parler de la sorte ?Eh bien ! qu’il nous unisse ! Tu le veux. Qu’il en soit ainsi ! – J’ai rĂ©sistĂ©. Tous deux, dans les bras l’un de l’autre, se regardent avec extase, sans voir, sans entendre, et comme absorbĂ©s dans leurs regards. – Entre don Ruy Gomez par la porte du fond. Il regarde et s’arrĂȘte comme pĂ©trifiĂ© sur le seuil. ScĂšne V HERNANI, DOÑA SOL, DON RUY GOMEZ. Don Ruy Gomez, immobile et croisant les bras sur le seuil de la porte. VoilĂ  donc le paiement de l’hospitalitĂ© ! Doña Sol. Dieu ! le duc ! Tous deux se dĂ©tournent comme rĂ©veillĂ©s en sursaut. Don Ruy Gomez, toujours immobile. Dieu ! le duc !C'est donc lĂ  mon salaire, mon hĂŽte ? – Bon seigneur, va-t’en voir si ta muraille est haute, Si la porte est bien close et l’archer dans sa tour, De ton chĂąteau pour nous, fais et refais le tour, Cherche en ton arsenal une armure Ă  ta taille, Ressaie, Ă  soixante ans, ton harnais de bataille ! Voici la loyautĂ© dont nous paĂźrons ta foi ! Tu fais cela pour nous, et nous ceci pour toi. Saints du ciel ! J’ai vĂ©cu plus de soixante annĂ©es, J’ai vu bien des bandits aux Ăąmes effrĂ©nĂ©es, J’ai souvent, en tirant ma dague du fourreau Fait lever sur mes pas des gibiers de bourreau, J'ai vu des assassins, des monnayeurs, des traĂźtres, De faux valets Ă  table empoisonnant leurs maĂźtres, J'en ai vu qui mouraient sans croix et sans pater, J’ai vu Sforce, j’ai vu Borgia, je vois Luther, Mais je n’ai jamais vu perversitĂ© si haute Qui n’eĂ»t craint le tonnerre en trahissant son hĂŽte ! Ce n’est pas de mon temps. Si noire trahison PĂ©trifie un vieillard au seuil de sa maison, Et fait que le vieux maĂźtre, en attendant qu’il tombe, A l’air d’une statue Ă  mettre sur sa tombe. Maures et castillans ! Quel est cet homme-ci ? Il lĂšve les yeux et les promĂšne sur les portraits qui entourent la salle. O vous ! Tous les Silva qui m’écoutez ici, Pardon si devant vous, pardon si ma colĂšre Dit l’hospitalitĂ© mauvaise conseillĂšre ! Hernani, se levant. Duc
 Don Ruy Gomez. Duc
Tais-toi ! Il fait lentement trois pas dans la salle et promĂšne de nouveau ses regards sur les portraits des Silva. Duc
 Tais-toi !Morts sacrĂ©s ! aĂŻeux ! hommes de fer ! Qui voyez ce qui vient du ciel et de l'enfer, Dites moi, messeigneurs, dites, quel est cet homme ? Ce n'est pas Hernani, c'est Judas qu'on le nomme ! Oh ! tĂąchez de parler pour me dire son nom ! Croisant les bras. Avez-vous de vos jours vu rien de pareil ? Non ! Hernani. Seigneur duc
 Don Ruy Gomez, toujours aux portraits. Seigneur duc
Voyez-vous ? il veut parler, l'infĂąme ! Mais, mieux encor que moi, vous lisez dans son Ăąme. Oh ! ne l'Ă©coutez pas ! C'est un fourbe ! Il prĂ©voit Que mon bras va sans doute ensanglanter mon toit, Que peut-ĂȘtre mon cƓur couve dans ses tempĂȘtes Quelque vengeance, sƓur du festin des sept tĂȘtes, Il vous dira qu'il est proscrit, il vous dira Qu'on va dire Silva comme l'on dit Lara, Et puis qu'il est mon hĂŽte, et puis qu'il est votre hĂŽte
 Mes aĂŻeux, mes seigneurs, voyez, est-ce ma faute ? Jugez entre nous deux ! Hernani. Jugez entre nous deux !Ruy Gomez De Silva, Si jamais vers le ciel noble front s’éleva, Si jamais cƓur fut grand, si jamais Ăąme haute, C’est la vĂŽtre, seigneur ! c’est la tienne, ĂŽ mon hĂŽte ! Moi qui te parle ici, je suis coupable, et n’ai Rien Ă  dire, sinon que je suis bien damnĂ© ! Oui, j’ai voulu te prendre et t’enlever ta femme ; Oui, j’ai voulu souiller ton lit, oui, c’est infĂąme ! J’ai du sang. Tu feras trĂšs bien de le verser, D’essuyer ton Ă©pĂ©e, et de n’y plus penser. Doña Sol. Seigneur, ce n’est pas lui ! Ne frappez que moi-mĂȘme ! Hernani. Taisez-vous, doña Sol. Car cette heure est suprĂȘme. Cette heure m’appartient. Je n’ai plus qu’elle. Ainsi, Laissez-moi m’expliquer avec le duc ici. Duc, Crois aux derniers mots de ma bouche j’en jure, Je suis coupable, mais sois tranquille, — elle est pure ! C'est lĂ  tout. Moi coupable, elle pure ; ta foi Pour elle, un coup d'Ă©pĂ©e ou de poignard pour moi. VoilĂ . – Puis fais jeter le cadavre Ă  la porte Et laver le plancher, si tu veux, il n'importe ! Doña Sol. Ah ! moi seule ai tout fait. Car je l’aime. Don Ruy se dĂ©tourne Ă  ce mot en tressaillant et fixe sur doña Sol un regard terrible. Elle se jette Ă  ses genoux. Ah ! moi seule ai tout fait. Car je l’ pardon ! Je l’aime, monseigneur ! Don Ruy Gomez. Je l’aime, monseigneur !Vous l’aimez ! A Hernani. Je l’aime, monseigneur ! Vous l’aimez !Tremble donc. Bruit de trompettes au dehors. – Entre le page. Au page. Qu’est ce bruit ? Le Page. Qu’est ce bruit ?C’est le roi, monseigneur, en personne. Avec un gros d’archers et son hĂ©raut qui sonne. Doña Sol. Dieu ! le roi ! Dernier coup ! Le Page, au duc. Dieu ! le roi ! Dernier coup !Il demande pourquoi La porte est close, et veut qu’on ouvre. Don Ruy Gomez. La porte est close, et veut qu’on au roi. Le page s’incline et sort. Doña Sol. Il est perdu ! Don Ruy Gomez va Ă  l’un des tableaux, qui est son propre portrait, et le dernier Ă  gauche ; il presse un ressort, le portrait s’ouvre comme une porte, et laisse voir une cachette pratiquĂ©e dans le mur. Il se tourne vers Hernani. Don Ruy Gomez. Il est perdu !Monsieur, venez ici. Hernani. Il est perdu ! Monsieur, venez tĂȘte Est Ă  toi, livre-la, seigneur. Je la tiens prĂȘte. Je suis ton prisonnier. Il entre dans la cachette. Don Ruy presse de nouveau le ressort, tout se referme, et le portrait revient Ă  sa place. Doña Sol, au duc Je suis ton pitiĂ© pour lui ! Le Page, entrant. Son altesse le roi ! Doña Sol baisse prĂ©cipitamment son voile. La porte s’ouvre Ă  deux battants. Entre don Carlos en habit de guerre, suivi d’une foule de gentilshommes Ă©galement armĂ©s, de pertuisaniers, d’arquebusiers, d’arbalĂ©triers. ScĂšne VI DON RUY GOMEZ, DOÑA SOL voilĂ©e ; DON CARLOS ; SUITE. Don Carlos s’avance Ă  pas lents, la main gauche sur le pommeau de son Ă©pĂ©e, la droite dans sa poitrine, et fixe sur le vieux duc un Ɠil de dĂ©fiance et de colĂšre. Le duc va au-devant du roi et le salue profondĂ©ment. – Silence. – Attente et terreur Ă  l’entour. Enfin, le roi, arrivĂ© en face du duc, lĂšve brusquement la tĂȘte. Don Carlos. Son altesse le roi !D’oĂč vient donc aujourd’hui, Mon cousin, que ta porte est si bien verrouillĂ©e ? Par les saints ! je croyais ta dague plus rouillĂ©e ! Et je ne savais pas qu’elle eĂ»t hĂąte Ă  ce point, Quand nous te venons voir, de reluire Ă  ton poing ! Don Ruy Gomez veut parler, le roi poursuit avec un geste impĂ©rieux. C’est s’y prendre un peu tard pour faire le jeune homme ! Avons-nous des turbans ? serait-ce qu’on me nomme Boabdil ou Mahom, et non Carlos, rĂ©pond ! Pour nous baisser la herse et nous lever le pont ? Don Ruy Gomez, s’inclinant. Seigneur
 Don Carlos, Ă  ses gentilshommes. Seigneur
Prenez les clĂ©s ! saisissez-vous des portes ! Deux officiers sortent, plusieurs autres rangent les soldats en triple haie dans la salle, du roi Ă  la grande porte. Don Carlos se tourne vers le duc. Ah ! Vous rĂ©veillez donc les rĂ©bellions mortes ? Pardieu ! Si vous prenez de ces airs avec moi, Messieurs les ducs, le roi prendra des airs de roi, Et j’irai par les monts, de mes mains aguerries, Dans leurs nids crĂ©nelĂ©s, tuer les seigneuries ! Don Ruy Gomez, se redressant. Altesse, les Silva sont loyaux
 Don Carlos, l'interrompant. Altesse, les Silva sont loyaux
Sans dĂ©tours RĂ©ponds, duc, ou je fais raser tes onze tours ! De l’incendie Ă©teint il reste une Ă©tincelle, Des bandits morts il reste un chef. – Qui le recĂšle ? C’est toi ! Ce Hernani, rebelle empoisonneur, Ici, dans ton chĂąteau, tu le caches ! Don Ruy Gomez. Ici, dans ton chĂąteau, tu le caches !Seigneur, C’est vrai. Don Carlos. C’est bien. Je veux sa tĂȘte, – ou bien la tienne. Entends-tu, mon cousin ? Don Ruy Gomez, s'inclinant. Entends-tu, mon cousin ?Mais qu’à cela ne tienne ! Vous serez satisfait. Doña Sol se cache la tĂȘte dans ses mains et tombe sur un fauteuil. Don Carlos, radouci. Vous serez ! Tu t’amendes. – Va Chercher mon prisonnier. Le duc croise les bras, baisse la tĂȘte et reste quelques moments rĂȘveur. Le roi et doña Sol l’observent en silence, et agitĂ©s d’émotions contraires. Enfin le duc relĂšve son front, va au roi, lui prend la main, et le mĂšne Ă  pas lents devant le plus ancien des portraits, celui qui commence la galerie Ă  droite. Don Ruy Gomez, s'montrant au roi le vieux portrait. Chercher mon des Silva C’est l’aĂźnĂ©, c’est l’aĂŻeul, l’ancĂȘtre, le grand homme ! Don Silvius, qui fut trois fois consul de Rome. Passant au portrait suivant. Voici don Galceran de Silva, l'autre Cid ! On lui garde Ă  Toro, prĂšs de Valladolid, Une chĂąsse dorĂ©e oĂč brĂ»lent mille cierges. Il affranchit LĂ©on du tribut des cent vierges. Passant Ă  un autre. – Don Blas, – qui, de lui-mĂȘme et dans sa bonne foi, S'exila pour avoir mal conseillĂ© le roi. Passant Ă  un autre. – Christoval. – Au combat d'Escalona, don Sanche, Le roi, fuyait Ă  pied, et sur sa plume blanche Tous les coups s'acharnaient, il cria Christoval ! Christoval prit la plume et donna son cheval. A un autre. – Don Jorge, qui paya la rançon de Ramire, Roi d'Aragon. Don Carlos, croisant les bras et le regardant de la tĂȘte aux pieds. Roi d' don Ruy, je vous admire ! Continuez. Don Ruy Gomez, passant Ă  un autre. Ruy Gomez De Silva, Grand-maĂźtre de Saint-Jacque et de Calatrava. Son armure gĂ©ante irait mal Ă  nos tailles. Il prit trois cents drapeaux, gagna trente batailles, Conquit au roi Motril, Antequera, Suez, Nijar, et mourut pauvre. Altesse, saluez. Il s’incline, se dĂ©couvre et passe Ă  un autre. Le roi l’écoute avec une impatience et une colĂšre toujours croissantes. PrĂšs de lui, Gil son fils, cher aux Ăąmes loyales. Sa main pour un serment valait les mains royales. A un autre. – Don Gaspar, de Mendoce et de Silva l’honneur ! Toute noble maison tient Ă  Silva, seigneur. Sandoval tour Ă  tour nous craint ou nous Ă©pouse. Manrique nous envie et Lara nous jalouse. Alencastre nous hait. Nous touchons Ă  la fois Du pied Ă  tous les ducs, du front Ă  tous les rois ! Don Carlos. Vous raillez-vous ? Don Ruy Gomez, allant Ă  d'autres portraits. Vous raillez-vous ?VoilĂ  don Vasquez, dit le Sage, Don Jayme, dit le Fort. Un jour, sur son passage, Il arrĂȘta Zamet et cent maures tout seul. – J'en passe, et des meilleurs. – Sur un geste de colĂšre du roi, il passe un grand nombre de tableaux, et vient tout de suite aux trois derniers portraits Ă  gauche du spectateur. – J'en passe, et des meilleurs. –Voici mon noble aĂŻeul. Il vĂ©cut soixante ans, gardant la foi jurĂ©e, MĂȘme aux juifs. A l'avant-dernier. MĂȘme aux vieillard, cette tĂȘte sacrĂ©e, C’est mon pĂšre. Il fut grand, quoiqu’il vĂźnt le dernier. Les maures de Grenade avaient fait prisonnier Le comte Alvar Giron son ami. Mais mon pĂšre Prit pour l’aller chercher six cents hommes de guerre, Il fit tailler en pierre un comte Alvar Giron, Qu’à sa suite il traĂźna, jurant par son patron De ne point reculer que le comte de pierre Ne tournĂąt front lui-mĂȘme et n’allĂąt en arriĂšre. Il combattit, puis vint au comte, et le sauva. Don Carlos. Mon prisonnier ! Don Ruy Gomez Mon prisonnier !C’était un Gomez De Silva. VoilĂ  donc ce qu’on dit, quand dans cette demeure On voit tous ces hĂ©ros
 Don Carlos. On voit tous ces hĂ©ros
Mon prisonnier, sur l’heure ! Il s’incline profondĂ©ment devant le roi, lui prend la main et le mĂšne devant le dernier portrait, celui qui sert de porte Ă  la cachette oĂč il a fait entrer Hernani. Doña Sol le suit des yeux avec anxiĂ©tĂ©. –Attente et silence dans l'assistance. Ce portrait, c’est le mien. – Roi don Carlos, merci ! Car vous voulez qu’on dise en le voyant ici Ce dernier, digne fils d’une race si haute, Fut un traĂźtre, et vendit la tĂȘte de son hĂŽte ! » Joie de doña Sol. Mouvement de stupeur dans les assistants. Le roi, dĂ©concertĂ©, s’éloigne avec colĂšre, et reste quelques instants silencieux, les lĂšvres tremblantes et l’Ɠil enflammĂ©. Don Carlos. Duc, ton chĂąteau me gĂȘne, et je le mettrai bas ! Don Ruy Gomez. Car, vous me la paĂźriez, altesse, n’est-ce pas ? Don Carlos. Duc, j’en ferai raser les tours pour tant d’audace, Et je ferai semer du chanvre sur la place. Don Ruy Gomez. Mieux voir croĂźtre du chanvre oĂč ma tour s’éleva, Qu’une tache ronger le vieux nom de Silva. Aux portraits. N’est-il pas vrai, vous tous ? Don Carlos. N’est-il pas vrai, vous tous ?Duc, cette tĂȘte est nĂŽtre, Et tu m’avais promis
 Don Ruy Gomez. Et tu m’avais promis
J’ai promis l’une ou l’autre. Aux portraits. N'est-il pas vrai, vous tous ? Montrant sa tĂȘte. N'est-il pas vrai, vous tous?Je donne celle-ci. Au roi. Prenez-la. Don Carlos. fort bien. Mais j'y perds, grand merci ! La tĂȘte qu'il me faut est jeune, il faut que morte On la prenne aux cheveux ? La tienne ! que m'importe ? Le bourreau la prendrait par les cheveux en vain. Tu n'en a pas assez pour lui remplir les mains. Don Ruy Gomez. Altesse, pas d'affront ! ma tĂȘte encore est belle, Et vaut bien, que je crois, la tĂȘte d'un rebelle. La tĂȘte d'un Silva, vous ĂȘtes dĂ©goĂ»tĂ© ! Don Carlos. Livre-nous Hernani ! Don Ruy Gomez. Livre-nous Hernani !Seigneur, en vĂ©ritĂ©, J’ai dit. Don Carlos, Ă  sa suite. J’ai partout ! Et qu’il ne soit point d’aile, De cave, ni de tour
 Don Ruy Gomez. De cave, ni de tour
Mon donjon est fidĂšle Comme moi. Seul il sait le secret avec moi. Nous le garderons bien tous deux. Don Carlos. Nous le garderons bien tous suis le roi. Don Ruy Gomez. Hors que de mon chĂąteau dĂ©moli pierre Ă  pierre, On ne fasse ma tombe, on n’aura rien ! Don Carlos. On ne fasse ma tombe, on n’aura rien !PriĂšre, Menace, tout est vain ! – Livre-moi le bandit, Duc ! ou tĂȘte et chĂąteau, j’abattrai tout. Don Ruy Gomez. Duc ! ou tĂȘte et chĂąteau, j’abattrai dit. Don Carlos. HĂ© bien donc, au lieu d’une, alors j’aurai deux tĂȘtes. Au duc d'Alcala. Jorge, arrĂȘtez le duc. Doña Sol, arrachant son voile et se jetant entre le roi, le duc et les gardes. Jorge, arrĂȘtez le don Carlos, vous ĂȘtes Un mauvais roi ! Don Carlos. Un mauvais roi !Grand dieu ! Que vois-je ? doña Sol ! Doña Sol. Altesse, tu n’as pas le cƓur d’un espagnol ! Don Carlos, troublĂ©. Madame, pour le roi, vous ĂȘtes bien sĂ©vĂšre. Il s'approche de doña Sol. Bas. C’est vous qui m’avez mis au cƓur cette colĂšre. Un homme devient ange ou monstre en vous touchant. Ah ! Quand on est haĂŻ, que vite on est mĂ©chant ! Si vous aviez voulu, peut-ĂȘtre, ĂŽ jeune fille, J’étais grand, j’eusse Ă©tĂ© le lion de Castille ! Vous m’en faites le tigre avec votre courroux. Le voilĂ  qui rugit, madame, taisez-vous ! Doña Sol lui jette un regard. Il s’incline. Pourtant, j’obĂ©irai. Se tournant vers le duc. Pourtant, j’ cousin, je t’estime. Ton scrupule aprĂšs tout peut sembler lĂ©gitime. Sois fidĂšle Ă  ton hĂŽte, infidĂšle Ă  ton roi, C’est bien, je te fais grĂące et suis meilleur que toi. – J’emmĂšne seulement ta niĂšce comme otage. Don Ruy Gomez. Seulement ! Doña Sol, interdite. Seulement !Moi ! Seigneur ! Don Carlos. Seulement ! Moi ! Seigneur !Oui, vous. Don Ruy Gomez. Seulement ! Moi ! Seigneur ! Oui, davantage ! Oh ! La grande clĂ©mence ! ĂŽ gĂ©nĂ©reux vainqueur, Qui mĂ©nage la tĂȘte et torture le cƓur ! Belle grĂące ! Don Carlos. Belle grĂące !Choisis. Doña Sol, ou le traĂźtre. Il me faut l’un des deux. Don Ruy Gomez. Il me faut l’un des ! Vous ĂȘtes le maĂźtre ! Le roi s’approche de doña Sol pour l'emmener. Elle se rĂ©fugie vers Don Ruy Gomez. Doña Sol. Sauvez-moi, monseigneur ! Elle s’arrĂȘte. – A part. Sauvez-moi, monseigneur !Malheureuse, il le faut ! La tĂȘte de mon oncle ou l’autre !
 moi plutĂŽt ! Au roi. Je vous suis. Don Carlos, Ă  part. Je vous les saints ! L’idĂ©e est triomphante ! Il faudra bien enfin s’adoucir, mon infante ! Doña Sol va d'un pas grave et assurĂ© au coffret qui renferme l'Ă©crin, l’ouvre, et y prend le poignard, qu’elle cache dans son sein. Don Carlos vient Ă  elle, et lui prĂ©sente la main. Don Carlos, Ă  doña Sol. Qu’emportez-vous lĂ  ? Doña Sol. Qu’emportez-vous lĂ  ?Rien. Don Carlos. Qu’emportez-vous lĂ  ? Rien. Un joyau prĂ©cieux ? Doña Sol. Oui. Don Carlos, souriant. ! Doña Sol. Oui. Voyons !Vous verrez. Elle lui donne la main et se dispose Ă  le suivre. Don Ruy Gomez, qui est restĂ© immobile et profondĂ©ment absorbĂ© dans sa pensĂ©e, se retourne et fait quelques pas en criant. Don Ruy Gomez. Oui. Voyons ! Vous Sol ! – terre et cieux ! Doña Sol ! – Puisque l’homme ici n’a point d’entrailles, A mon aide ! croulez, armures et murailles ! Il court au roi. Laisse-moi mon enfant ! je n’ai qu’elle, ĂŽ mon roi ! Don Carlos, lĂąchant la main de doña Sol. Alors, mon prisonnier ! Le duc baisse la tĂȘte et semble en proie Ă  une horrible hĂ©sitation ; puis il se relĂšve et regarde les portraits en joignant les mains vers eux. Don Ruy Gomez. Alors, mon prisonnier !Ayez pitiĂ© de moi, Vous tous ! Il fait un pas vers la cachette ; doña Sol le suit des yeux avec anxiĂ©tĂ©. Il se retourne vers les portraits. Vous tous !Oh ! voilez-vous ! votre regard m’arrĂȘte. Il s’avance en chancelant jusqu'Ă  son portrait, puis se retourne encore vers le roi. Tu le veux ? Don Carlos. Tu le veux ?Oui. Le duc lĂšve en tremblant la main vers le ressort. Doña Sol. Tu le veux ? ! Don Ruy Gomez. Tu le veux ? Oui. Dieu !Non ! Il se jette aux genoux du roi. Tu le veux ? Oui. Dieu ! Non !Par pitiĂ©, prends ma tĂȘte ! Don Carlos. Ta niĂšce ! Don Ruy Gomez, se relevant. Ta niĂšce !Prends-la donc, et laisse-moi l’honneur ! Don Carlos, saisissant la main de doña Sol tremblante. Adieu, duc ! Don Ruy Gomez. Adieu, duc !Au revoir ! Il suit de l’Ɠil le roi, qui se retire lentement avec doña Sol ; puis il met la main sur son poignard. Adieu, duc ! Au revoir !Dieu vous garde, seigneur ! Il revient sur le devant, haletant, immobile, sans plus rien voir ni entendre, l’Ɠil fixe, les bras croisĂ©s sur la poitrine, qui les soulĂšve comme par des mouvements convulsifs. Cependant le roi sort avec doña Sol, et toute la suite des seigneurs sort aprĂšs lui, deux Ă  deux, gravement et chacun Ă  son rang. Ils se parlent Ă  voix basse entre eux. Don Ruy Gomez, Ă  part. Roi, pendant que tu sors joyeux de ma demeure, Ma vieille loyautĂ© sort de mon cƓur qui pleure. Il lĂšve les yeux, les promĂšne autour de lui, et voit qu’il est seul. Il court Ă  la muraille, dĂ©tache deux Ă©pĂ©es d’une panoplie, les mesure toutes deux, et les dĂ©pose sur une table. Cela fait, il va au portrait, pousse le ressort, la porte cachĂ©e se rouvre. ScĂšne VII DON RUY GOMEZ, HERNANI. Don Ruy Gomez. Sors. Hernani paraĂźt Ă  la porte de la cachette. Don Ruy lui montre les deux Ă©pĂ©es sur la table. Don Carlos est hors de la maison, Il s’agit maintenant de me rendre raison. Choisis, et faisons vite. – Allons donc, ta main tremble ! Hernani. Un duel ! Nous ne pouvons, vieillard, combattre ensemble. Don Ruy Gomez. Pourquoi donc ? As-tu peur ? N’es-tu point noble ? Enfer ! Noble ou non, pour croiser le fer avec le fer, Tout homme qui m’outrage est assez gentilhomme. Hernani. Vieillard
 Don Ruy Gomez. Vieillard
Viens me tuer ou viens mourir, jeune homme. Hernani. Mourir, oui. Vous m’avez sauvĂ© malgrĂ© mes vƓux. Donc, ma vie est Ă  vous. Reprenez-la. Don Ruy Gomez. Donc, ma vie est Ă  vous. veux ? Aux portraits. Vous voyez ce qu'il veut. A Hernani. Vous voyez ce qu'il bon fais ta priĂšre. Hernani. Oh ! c'est Ă  toi, seigneur, que je fais la derniĂšre. Don Ruy Gomez. Parle Ă  l'autre Seigneur. Hernani. Parle Ă  l'autre non, Ă  toi ! Vieillard, Frappe-moi. Tout m’est bon, dague, Ă©pĂ©e ou poignard ! Mais fais-moi, par pitiĂ©, cette suprĂȘme joie ! Duc ! Avant de mourir, permets que je la voie ! Don Ruy Gomez. La voir ! Hernani. La voir !Au moins permets que j’entende sa voix, Une derniĂšre fois ! Rien qu’une seule fois ! Don Ruy Gomez. L’entendre ! Hernani. L’entendre !Oh ! je comprends, seigneur, ta jalousie. Mais dĂ©jĂ  par la mort ma jeunesse est saisie. Pardonne-moi. Veux-tu, dis-moi, que, sans la voir, S’il le faut, je l’entende ? et je mourrai ce soir. L’entendre seulement ! contente mon envie ! Mais, oh ! qu’avec douceur j’exhalerais ma vie, Si tu daignais vouloir qu’avant de fuir aux cieux Mon Ăąme allĂąt revoir la sienne dans ses yeux ! — Je ne lui dirai rien. Tu seras lĂ , mon pĂšre. Tu me prendras aprĂšs. Don Ruy Gomez, montrant la cachette encore ouverte. Tu me prendras du ciel ! ce repaire Est-il donc si profond, si sourd et si perdu, Qu’il n’ait entendu rien ? Hernani. Qu’il n’ait entendu rien ?Je n’ai rien entendu. Don Ruy Gomez. Il a fallu livrer doña Sol, ou toi-mĂȘme. Hernani. A qui, livrĂ©e ? Don Ruy Gomez. A qui, livrĂ©e ?Au roi. Hernani. A qui, livrĂ©e ? Au stupide ! Il l’aime ! Don Ruy Gomez. Il l’aime ! Hernani. Il l'aime !Il nous l’enlĂšve ! Il est notre rival. Don Ruy Gomez. Ô malĂ©diction ! – Mes vassaux ! A cheval ! A cheval ! Poursuivons le ravisseur ! Hernani. A cheval ! Poursuivons le ravisseur !Écoute. La vengeance au pied sĂ»r fait moins de bruit en route. Je t’ peux me tuer. Mais veux-tu M’employer Ă  venger ta niĂšce et sa vertu ? Ma part dans ta vengeance ! oh ! fais-moi cette grĂące, Et, s’il faut embrasser tes pieds, je les embrasse ! Suivons le roi tous deux. Viens, je serai ton bras, Je te vengerai, duc. AprĂšs, tu me tueras. Don Ruy Gomez. Alors, comme aujourd’hui, te laisseras-tu faire ? Hernani. Oui, duc. Don Ruy Gomez. Oui, duc. Qu'en jures-tu ? Hernani. Oui, duc. Qu'en jures-tu ?La tĂȘte de mon pĂšre. Don Ruy Gomez. Voudras-tu de toi-mĂȘme un jour t’en souvenir ? Hernani., lui prĂ©sentant le cor qu’il dĂ©tache de sa ceinture. Écoute, prends ce cor. – Quoi qu’il puisse advenir, Quand tu voudras, seigneur, quel que soit le lieu, l’heure, S’il te passe Ă  l’esprit qu’il est temps que je meure, Viens, sonne de ce cor, et ne prends d’autres soins. Tout sera fait. Don Ruy Gomez., lui tendant la main. Tout sera main ? Ils se serrent la main. – Aux portraits. Tout sera fait. Ta main ?Vous tous, soyez tĂ©moins ! Je suis en mĂ©tal lorsqu'on me fait sonner, et en chocolat lorsqu'on me mange. Qui suis-je? Solutions de mots croisĂ©s Mots-FlĂ©chĂ©s Vous cherchez des solutions aux mots croisĂ©s ? Voici les solutions pour vous ! Nous avons trouvĂ© 2 rĂ©ponse Ă  la question "Je suis en mĂ©tal lorsqu'on me fait sonner, et en chocolat lorsqu'on me mange. Qui suis-je?". Univhair Soleil, cela vous dit quelque chose ? Si vous l’ignorez, Univhair Soleil est l’une des chaĂźnes Youtube actives depuis 2015 et suivies par plus de 27 milles personnes. Du 1er juillet au 1er aoĂ»t 2017, une campagne avait Ă©tĂ© lancĂ©e par la chaĂźne pour mettre en avant les cheveux crĂ©pus et leur diversitĂ©. DerriĂšre cet empire capillaire se cache Audrey, une jeune femme pleine de vie. PassionnĂ©e, elle nous explique son parcours en quelques mots et nous transporte dans son univers. J’essaie d’apporter quelque chose de positif Ă  la sociĂ©tĂ©. Mes vidĂ©os continueront d’aider les gens Ă  travers le Monde ! » RTM Bonjour Audrey ! Pour commencer, peux-tu te prĂ©senter Ă  nos lecteurs ? Audrey Salut RTM. Tout d’abord, je suis une Ă©tudiante en Master de chimie. Je suis nĂ©e Ă  Paris, en France mais j’ai grandi en Guadeloupe oĂč je suis restĂ©e jusqu’à ma premiĂšre annĂ©e de prĂ©pa. AprĂšs avoir obtenu ma licence en Biologie-Chimie en France, je suis partie en SuĂšde pour poursuivre en Master car d’une part, je voulais depuis toujours avoir un parcours international et dĂ©couvrir d’autres cultures, et d’autre part je voulais changer de contexte Ă©ducatif le systĂšme français est trĂšs contraignant pour moi, et la SuĂšde est rĂ©putĂ©e pour la qualitĂ© de son enseignement. J’ai enfin pu rĂ©aliser mon rĂȘve d’étudier Ă  l’étranger malgrĂ© les Ă©normes difficultĂ©s rencontrĂ©es sur le parcours. Durant mon temps libre », j’aime beaucoup lire, Ă©crire, regarder des Mangas, des vidĂ©os Youtube et danser. Je crĂ©e aussi des vidĂ©os sur Youtube en français et en anglais. Je prends beaucoup de temps pour prĂ©parer mes vidĂ©os Ă©criture, prĂ©paration du matĂ©riel et de mon apparence en vidĂ©o, tournage de la vidĂ©o, Ă©dition de la vidĂ©o et de la miniature, publication... J’ai aussi commencĂ© l’athlĂ©tisme afin de plus me dĂ©penser et me dĂ©passer ! RTM Cela fait dĂ©jĂ  un petit bout de temps que tu as créé ta chaĂźne et ta page Facebook. Quand et comment t’es-tu lancĂ©e dans cette aventure ? Audrey J’ai créé ma chaĂźne Youtube que j’ai nommĂ© UnivHair Soleil le 13 juillet 2015 et publiĂ© ma premiĂšre vidĂ©o le 14 juillet 2015. J’ai eu l’idĂ©e de crĂ©er ma chaĂźne Youtube en 2014 Ă  force de devoir rĂ©pondre aux mĂȘmes questions concernant l’entretien de mes cheveux. Je voulais apporter ma pierre Ă  l’édifice concernant tous les sujets liĂ©s aux cheveux entretien, produits cosmĂ©tiques, histoire, science. J’ai d’abord fait plusieurs vidĂ©os Ă  l’aide de mon appareil photo bas de gamme et la webcam de mon ordinateur afin de m’entraĂźner un peu et voir comment je me dĂ©brouillais. J’ai Ă©tĂ© encouragĂ©e par des amies et des personnes faisant partie du groupe Facebook Ca Pousse Ou Ca Casse CPOCC » mais je pensais peut-ĂȘtre faire un blog au lieu d’une chaĂźne Youtube. J’ai hĂ©sitĂ© pendant un peu plus d’un an avant d’opter pour la plateforme Youtube et publier ma toute premiĂšre vidĂ©o publique. Dans cette vidĂ©o, je rĂ©pondais Ă  une question posĂ©e par plusieurs membres du groupe CPOCC Comment dĂ©mĂȘler ses cheveux crĂ©pus en Ă©vitant la casse ? ». J’avais trĂšs peur avant et aprĂšs avoir publiĂ© ma premiĂšre vidĂ©o mais c’était une bonne peur » Ă  vrai dire vous voyez cette peur mĂȘlĂ©e Ă  l’excitation qui sont lĂ  parce que vous faites quelque chose de trĂšs nouveau et que vous ne savez pas trop ce que ça va donner ? C’était cela. Finalement, cela s’est trĂšs bien passĂ©. J’ai eu que des retours positifs. Ceci m’a encouragĂ© Ă  continuer les vidĂ©os. J’ai créé ma Page Facebook en Janvier 2017 afin de partager des conseils, des photos et des petites vidĂ©os supplĂ©mentaires. Mon but est d’ĂȘtre plus prĂ©sente sur les rĂ©seaux sociaux afin de promouvoir ce que je fais et inspirer un maximum de personnes. D’oĂč la crĂ©ation non seulement de ma Page Facebook UnivHair Soleil mais aussi de mes comptes Instagram Snapchat et Twitter UnivHairSoleil. J’ai aussi créé ma chaĂźne Youtube anglophone que j’ai nommĂ© tout simplement UnivHair Soleil English. RTM Qu’est-ce que cela t’apporte d’ĂȘtre une Youtubeuse ? Audrey J’essaie d’apporter quelque chose de positif Ă  la sociĂ©tĂ©. Je me dis que mĂȘme si je meurs demain, mes vidĂ©os continueront d’aider les gens Ă  travers le monde et je trouve ça fascinant ! Youtube permet d’atteindre un grand nombre de personnes partout dans le monde. Cela m’aide aussi Ă  amĂ©liorer mon Ă©locution, ça m’apporte des compĂ©tences supplĂ©mentaires en ce qui concerne la production audio-visuelle, le marketing, le web et le numĂ©rique. Et de maniĂšre gĂ©nĂ©rale, cela m’aide Ă  avoir confiance en moi. Je tiens aussi Ă  dire que les personnes qui me suivent m’aident beaucoup dans les moments difficiles, je tiens beaucoup plus facilement surtout quand j’ai le soutien de mes abonnĂ©s. C’est vraiment incroyable de recevoir autant d’amour et de positivitĂ© de la part de personnes qu’on ne connaĂźt mĂȘme pas ! J’espĂšre pouvoir rencontrer toutes ces belles personnes lors d’évĂšnements Ă  venir, et les remplir de cadeaux si j’en ai l’opportunitĂ© ! J’ai pu aussi faire de trĂšs belles rencontres et je peux collaborer avec des marques et des artistes. RTM/ Actuellement, tu es suivie par plus de 27K d’abonnĂ©s, qu’est-ce que cela t’inspire-t-il ? Comment vois-tu l’avenir ? Audrey Cela me montre que mes vidĂ©os plaisent Ă  beaucoup de personnes, c’est trĂšs satisfaisant pour moi. Je veux partager mon Ă©volution pour qu’elle contribue aux autres et si possible Ă  un monde meilleur. Pour ce qui est de l’avenir, c’est difficile de rĂ©pondre Ă  cette question, parce que j’aimerais faire beaucoup de choses. J’ai des idĂ©es en tĂȘte, mais disons que je souhaiterais en prioritĂ© aller simplement vers ce qui me permettra de m’épanouir et ĂȘtre heureuse, et que je me laisse un peu de temps pour choisir ce qui m’apportera veux avoir un mĂ©tier qui me passionne et pour l’instant j’explore autant de choses que je peux ! Ce sont les expĂ©riences qui m’aident Ă  avancer. RTM/ Que voudrais-tu dire Ă  ces personnes qui te suivent et qui dĂ©sirent crĂ©er leur propres chaĂźnes YouTube ? Je souhaite tout d’abord les remercier pour leur soutien et j’espĂšre que ça continuera. Si vous voulez crĂ©er votre propre chaĂźne Youtube, il suffit de se lancer sans cogiter ! Juste se lancer ! Vous apprendrez beaucoup de choses au fur et Ă  mesure que vous avancez. C’est une trĂšs belle aventure mĂȘme s’il y a parfois des moments difficiles. RTM/ Si je dis le mot Vegan », que me diras-tu ? Est-ce important selon toi d’associer le VĂ©ganisme Ă  la SantĂ© capillaire ? Le VĂ©ganisme est un mode de vie qui, selon moi, vise Ă  plus de respect des animaux, de l’environnement et de l’humain. Une personne vĂ©gane Ă©vite la consommation de produits issus de l’exploitation animale et de la cruautĂ© envers les animaux nourriture, vĂȘtements, cosmĂ©tiques
. Je ne me considĂšre pas vĂ©gane mĂȘme si mon mode de vie s’en rapproche. Je dirais que je suis plutĂŽt vĂ©gĂ©talienne Ă  tendance vĂ©gane. Le vĂ©ganisme m’a beaucoup appris sur la libertĂ©. Je me suis rendue compte que lorsqu’on fait des choix qui ne rentrent pas dans la norme, on ressent une pression sociale Ă©norme ! Quand on fait comme tout le monde, on se croit libre mais quand on fait un choix de vie trĂšs diffĂ©rent des autres, on n’est pas libre. De mon expĂ©rience personnel, je trouve beaucoup plus facile d’ĂȘtre vĂ©gane en SuĂšde car le respect de la libertĂ© individuelle fait partie de la mentalitĂ© de la plupart des gens lĂ -bas, et la sociĂ©tĂ© suĂ©doise est plus ouverte et propose plus d’options pour que chacun puisse assumer son mode de vie. Par contre, en France ce n’est pas pareil mais ça viendra sĂ»rement un jour. L’alimentation joue un rĂŽle crucial dans la santĂ© capillaire ! De maniĂšre gĂ©nĂ©rale, il vaut mieux avoir une hygiĂšne de vie saine afin d’avoir des cheveux qui poussent plus vite et plus forts. Un cheveu sain commence de l’intĂ©rieur ! Le vĂ©ganisme va au-delĂ  de l’alimentation comme je l’ai indiquĂ© plus haut mais si l’on se base que sur l’alimentation, les vĂ©ganes, vĂ©gĂ©taliens et vĂ©gĂ©tariens qui gardent un rĂ©gime alimentaire Ă©quilibrĂ©, auront tendance Ă  avoir des cheveux plus sains et forts. Je veux que les cheveux crĂ©pus soient considĂ©rĂ©s comme des cheveux normaux » RTM/ Et donc, qu’est-ce que tu voudrais apporter au Monde capillaire » ? Je voudrais que tout le monde se rĂ©concilie avec sa nature de cheveu. Que les gens s’aiment tels qu’ils sont, peu importe le regard des autres. Je veux aussi contribuer Ă  faire Ă©voluer ces regards. Les cheveux crĂ©pus sont souvent dĂ©valorisĂ©s ou pas assez valorisĂ©s, je veux que ça change et qu’il y ait beaucoup plus de diversitĂ© dans le monde capillaire. Je veux que les cheveux crĂ©pus soient considĂ©rĂ©s comme des cheveux normaux et pas comme des cheveux Ă  problĂšmes comme l’affirme souvent certaines marques de cosmĂ©tiques, les mĂ©dias et la sociĂ©tĂ© de maniĂšre gĂ©nĂ©rale. RTM/ Univhair Soleil, ce nom me souffle trois mots Ă  l’oreille Univers, grandeur et positivitĂ©. Qu’en penses-tu ? Oui, j’avais ça Ă  l’idĂ©e ! Je voulais un pseudo qui inspire la force, l’immensitĂ©, l’énergie. Quelque chose d’infini. Le soleil est source d’énergie et permet la vie. Cela me rappelle la Guadeloupe, le cĂŽtĂ© chaleureux, vivant. J’aime beaucoup le soleil et nous en avons tous besoin ! Et d’ailleurs, il permet la synthĂšse de la vitamine D dans notre corps et contribue Ă  la pousse de cheveux sains. RTM / Finalement, qu’est-ce qui ferait de toi Une Reine des Temps Modernes ? RĂ©ussir ce que j’entreprends, ĂȘtre Ă©panouie dedans et pouvoir le partager. Cela fait plus d'une semaine que Lucas a Ă©tait arrĂȘter et mis en prison, Dan et ces avocats font tout pour le sortir de lĂ . Quand a Peyton, elle ne savait pas quoi faire pour lui, mais elle Ă©tait dĂ©cidĂ©e a dire a tout le monde quel genre d'homme et Peyton Scott a l'appareilJournaliste Mme ScottPeyton Je vous appelle car je suis prĂȘte Ă  rĂ©pondre Ă  vos questionsJournaliste Vos avocats nous ont dit de ne pas vous approcherPeyton Mets avocat non-rien avoir alors si vous vouliez votre interview ces le moment ou jamaisJournaliste D'accord Mme Scott ou et quandPeyton Dans vos bureaux demain matin a 10 heuresJournaliste Je vous entendrai avec impatience, l'interviewe peut-il ĂȘtre filmĂ©Peyton Oui, a demainLe lendemain matin a 10 piles Peyton arrive dans les bureaux du journaliste afin de tout dĂ©baller de ce que Jake a fait Ă  elle et a sa Mme Scott, je vous en pris entrerPeyton MerciJournaliste Asseye vousPeyton Ne tournons pas autour du pot et posez vos questions et j'y rĂ©pondraiJournaliste Vos avocats ne viendront pas me coller un procĂšsPeyton Non vous avez ma paroleJournaliste D'accord, la camera ne dĂ©range pasPeyton Non, allez y je vous Ă©couteJournaliste Alors ĂȘtes-vous toujours amoureuse de votre mariPeyton Oui, et pour rĂ©pondre Ă  la prochaine question non je n'ai jamais Ă©tĂ© amoureuse de JakeJournaliste Avez-vous approuvĂ© le dĂ©part de votre mariPeyton Approuver non pas exactement mais je l'ai compris, le faĂźte que ce jeune homme meurt dans ces bras a Ă©tĂ© trĂšs difficile Ă  vivre pour lui, ça a Ă©tĂ© l'Ă©preuve de trop et il avait besoin d'aideJournaliste Vous auriez pu l'aider vousPeyton C'est ce que j'ai faits mais il avait besoin d'aide d'une personne qui n'Ă©tait pas liĂ©e Ă  luiJournaliste Regretter vous d'avoir trompĂ© votre mariPeyton Oui chaque jour que dieu fait je regretteraiJournaliste Pouvez-vous nous dire ce qui vous est arrivĂ©Peyton À propos de quoiJournaliste Des bleus que vous avez sur le corpsPeyton Pour ça il faut remercier Jake, il n'a pas supportĂ© que je lui dise que j'aimais mon mari et non luiJournaliste Il vous battuPeyton Oui cela rĂ©vĂšle Ă  quel point ces un homme charmantJournaliste Qu'a fait votre mariPeyton Il est allĂ© le trouver et il son battu, et Jake a convaincu une fille par je ne sais quel chantage de dire que mon mari l'a violĂ©Journaliste Ou se trouve votre mariPeyton En prison, pendant qu'un innocent se trouve en prison un coupable et en libertĂ©Journaliste Quelque mot pour les lecteurs Mme ScottPeyton Ce que je leur dirais c'est de toujours Ă©couter leur cœur et jamais leur tĂȘte car le cœur ces beaucoup plus de choses que la tĂȘte et si vous me permettez je voudrais dire Ă  mon mari que je l'aime de tout mon cœur et que jamais je ne cesserais de l'aimais ou de le soutenir qu'importe ce que Jake ou qui que ce soit d'autre puisse inventer pour le nuire, car Lucas et homme bien droit et intĂšgre un homme bien Ă©lever un homme aimant alors jamais je ne cesserai d'avoir confiance en luiLe lendemain de cette interview Peyton a eu un droit de parloir avec Lucas, elle se trouve dans une salle Ă  attendre l'arrivĂ©e de Lucas et elle est trĂšs pressĂ©e de le voir en entrant dans la salle SalutPeyton en courant dans ses bras Oh qu'est-ce que tu me manquesLucas Tu me manques aussi ma puceGardien SĂ©parez-vous tout de suiteLucas Asie toiPeyton en gardant sa main dans la sienne Comment tu vasLucas Ça va les journĂ©es sont longue mais ça va et toiPeyton Je tiens le coupLucas Le bĂ©bĂ©Peyton Il va bien aussiLucas JamiePeyton Sont papa lui manque mais il tient le coupLucas D'accordPeyton Il aimerait tellement te voirLucas Moi aussiPeyton Il est ici Ă  vrai dire mais je ne savais pas si tu voulais le voirLucas Si stpPeyton Svp gardienGardien Entre petitsJamie en courant dans ses bras PapaLucas en le serrant Oh mon champion, qu'est-ce que tu m'a manquerJamie en pleurant Tu me manques aussi papaLucas Oh ne pleure pas championJamie Je veux que tu rentres Ă  la maisonLucas Je sais moi aussiPeyton Jamie, on en a parlĂ© avant de venirJamie Oui je saisLucas ChampionJamie en lui donnant une photo Je tais ramener çaLucas sourire Magnifique photoJamie Tu aimesLucas Oui elle est magnifiqueJamie Tu peux la garder heinLucas Oui elle ne me quittera pasJamie D'accordLucas Aller raconte, moi, maintenantJamie lui raconte tout ce qu'il a fait depuis qu'il est ici, il lui parle aussi de Nathan, Haley, Brooke, Julian et de Dan qui ne lĂąche rien pour le faire Les visites sont terminĂ©esLucas Tu veilles bien sur maman d'accordJamie PromisLucas Je t'aimeJamie Je t'aime aussi papaPeyton en allant dans ses bras Je n'ai pas envie de partirLucas Je n'ai pas envie que tu partes non plusPeyton en l'embrassant Je t'aimeLucas Je t'aime aussi, soie forte pour moi d'accordPeyton en laissant ses larmes coulĂ©es PromisLucas en les essuyant Ai toujours confiance en moiPeyton Promis aussiLucas File maintenantPeyton Tu fais attention d'accordLucas D'accordJamie et Peyton quittent la prison le cœur lourd de devoir laisser Lucas ici tout seul leurs brise le cœur. Posted on Monday, 05 January 2015 at 122 PMEdited on Saturday, 28 May 2016 at 544 PM L'histoire que je vais vous raconter n'est pas une belle histoire, mais c'est celle de ma vie ». Ainsi s'ouvre le livre-confession de Claude Chossat. Comme son nom ne l'indique pas, Chossat, 40 ans, est corse. Il eut son rond de serviette et son flingue au sein de la mythique Brise de mer. De cette double appartenance naĂźt un tĂ©moignage incandescent, oĂč la mort se dĂ©crĂšte d'un battement de cils. Et pourtant nous sommes en France, au XXIe siĂšcle et non dans la Sicile des annĂ©es 1990. Chossat fut chauffeur et garde du corps du parrain Francis Mariani. L'ombre de son ombre. S'il a tant vu, tant entendu, c'est qu'il faisait partie du paysage, comme les montagnes. On devrait parfois prĂȘter plus d'attention aux pierres...En 2009, dans un soupirail d'un commissariat marseillais le bien nommĂ© EvĂ©chĂ©, Claude Chossat va Ă  confesse. Il dĂ©cide de parler au milieu des muets et des morts » selon son expression, malgrĂ© le dicton Acqua in bocca », littĂ©ralement de l'eau dans la bouche », trĂšs prisĂ© du milieu pour inviter au silence. Depuis, ses dĂ©positions fracassantes Ă©clairent les enquĂȘtes d'un jour nouveau et l' inside man », l'homme de l'intĂ©rieur, rĂ©ussit l'exploit de coaliser ses ex-amis et ses anciens ennemis, soudĂ©s dans la haine de son nom. Saint Chossat! » ironisent-ils, mettant en doute sa sincĂ©ritĂ©. Bien sĂ»r, l'auteur n'a rien d'un enfant de choeur. Son ADN a Ă©tĂ© retrouvĂ© sur une douille dans une affaire d'assassinat il est renvoyĂ© pour association de malfaiteurs, et un pistolet — dont les juges soupçonnent qu'il lui a appartenu — a Ă©tĂ© dĂ©couvert dans le hangar du boss soufflĂ© dans une explosion. L'Ă©tĂ© dernier, Chossat a Ă©tĂ© condamnĂ© pour une vieille affaire d'abus de biens sociaux, condamnation dont il a fait appel. Il reste mis en examen pour l'assassinat de Richard Casanova, le Roi Richard, en 2008. Meurtre pour lequel il ne cesse de clamer son innocence, imputant la paternitĂ© Ă  feu Francis Ă©change de ses dĂ©clarations, Chossat a gagnĂ© une libertĂ© surveillĂ©e, mais pas l'impunitĂ©. Il survit dans l'attente des Ă©chĂ©ances judiciaires. Sous sa vĂ©ritable identitĂ©. L'Etat lui a refusĂ© le statut de collaborateur de justice », autrement dit de repenti ». Ce livre c'est le rĂ©cit d'une trahison judiciaire », pour Delphine Calmettes, l'avocate qui le dĂ©fend depuis le dĂ©but. Lorsqu'on vous la donne Ă  lire, cette existence-lĂ  donne le frisson. Repenti, un ancien de la Brise de mer raconte », par Claude Chossat Fayard. Parution le 20 septembre. La peur se gĂšre»Claude Chossat, ex de la Brise de merVous ĂȘtes sans doute l'homme le plus traquĂ© de France. Comment vivez-vous aujourd'hui ?Claude Chossat. Ma vie et celle des membres de ma famille, je la tiens entre mes mains. Au fond, la sĂ©curitĂ© est une question d'organisation. Du temps oĂč je craignais les descentes de police, j'ai gardĂ© le rĂ©flexe de me lever tĂŽt, avant 6 heures. J'observe. Je regarde les images qu'a enregistrĂ©es mon systĂšme de vidĂ©osurveillance pendant la nuit. Je dispose d'une adresse, oĂč je ne vis pas, destinĂ©e Ă  recevoir les courriers de l'administration. Pour mes dĂ©placements, je m'interdis de voyager dans le mĂȘme vĂ©hicule que mes deux filles et mon Ă©pouse j'ouvre la route. Quand on se retrouve dans ma situation, les habitudes, tout ce qui constitue une vie normale, deviennent mortelles... En ayant cĂŽtoyĂ© ceux que j'ai cĂŽtoyĂ©s, je sais comment se passe la traque d'un peur ?La peur se financiĂšrement ?J'ai retrouvĂ© une vie professionnelle stable, en exerçant une activitĂ© Ă  mon Ă©tiez, Ă©crivez-vous, un soldat » de la Brise de mer ? Est-ce une armĂ©e ?... Une mafia plutĂŽt, avec un noyau dur d'une dizaine de personnes contrĂŽlant une partie de l'Ă©conomie corse, de la promotion immobiliĂšre jusqu'Ă  certains cercles de jeu parisiens. AprĂšs un passage en prison, je suis devenu le chauffeur et le garde du corps de Francis Mariani, parrain redoutĂ© de la Brise. Lorsque je le rejoins, en 2007, le gang est en train d'imploser dans un climat de paranoĂŻa mortelle. On se dĂ©place en convoi de trois vĂ©hicules, sanglĂ©s dans nos gilets pare-balles, toujours armĂ©s. CĂŽtoyer de tels personnages donne un sentiment de surpuissance. Au-dessus des hommes. Par- delĂ  la justice. Nous touchons 3 000 Ă  4 000 € par mois. Mon avocat, Me Jean-Michel Mariaggi NDLR griĂšvement blessĂ© en octobre 2015 dans une tentative d'assassinat, parle du syndrome Rolex, calibre et Audi A3 ».Pourquoi avoir dĂ©cidĂ© de quitter le milieu ?Je n'en pouvais plus. En fĂ©vrier 2009, j'ai Ă©chappĂ© Ă  une premiĂšre tentative d'assassinat, alors que je circulais Ă  moto sur une route de montagne. Un mois plus tard, j'ai quittĂ© la Corse pour la Suisse, croyant pouvoir rompre en douceur avec mon passĂ©. C'Ă©tait une quelques mois plus tard, vous dĂ©cidez de parler...Oui. Au lieu de livrer des confidences anonymes aux enquĂȘteurs, comme cela se fait si souvent en Corse, je choisis d'assumer, quitte Ă  passer pour une balance » aux yeux de mes anciens amis. Mais, moi, je peux me regarder en face... Certains enquĂȘteurs m'ont soutenu, me laissant mĂȘme leur numĂ©ro personnel. Leur hiĂ©rarchie, elle, m'a lĂąchĂ©. Des magistrats se sont montrĂ©s prĂ©occupĂ©s de ma situation, d'autres n'ont pas tenu leurs engagements. Bref, on s'est servi de a-t-on proposĂ© le statut de repenti ?En 2009, ce statut Ă©tait votĂ© mais les dĂ©crets d'application n'Ă©taient pas pris. Ils ne l'ont Ă©tĂ© qu'en 2014 lire ci-dessous ! Un magistrat, qui gĂ©rait l'un des dossiers dans lesquels j'Ă©tais entendu, a pris sur lui la responsabilitĂ© d'appeler la commission chargĂ©e de dĂ©livrer le statut. Mais je me suis rendu compte Ă  quel point, en France, ce processus Ă©tait artisanal. Lorsque nous avons eu un rendez-vous, soi-disant discret, Ă  Disneyland, les policiers du service interministĂ©riel d'assistance technique se sont trompĂ©s sur le faux nom qui m'avait Ă©tĂ© attribuĂ© pour la rĂ©servation. Ils ont dĂ» exhiber leurs cartes professionnelles Ă  l'accueil ! Dans le cadre du programme, mes filles ont vu un psy, ce qui a occasionnĂ© chez elles des insomnies pendant plusieurs nuits. IntĂ©grer ce processus revient Ă  se mettre en prison et son entourage avec. Ce processus impose en effet de rompre avec votre famille, vos avocats, de dĂ©scolariser vos enfants afin d'Ă©viter le contact avec l'extĂ©rieur. C'est pourquoi lorsque mon dossier a Ă©tĂ© rejetĂ© par la commission Ă  une voix prĂšs, ce fut paradoxalement une dĂ©livrance pour des regrets ?Je n'avais pas conscience de ce que ma dĂ©cision allait impliquer. Si j'avais anticipĂ© ce qui allait suivre, je crois que je ne serais pas allĂ© au bout. La justice veut de l'aide, des tĂ©moignages sans tenir compte des consĂ©quences. Et au bout du chemin, on se retrouve avenir, comment le voyez-vous ?J'ai des projets personnels et professionnels mais tout peut s'Ă©crouler demain. Mon avenir se trouve entre les mains de la justice. Pour ma part, j'ai tenu mes engagements en aidant policiers et magistrats Ă  boucler bon nombre d'affaires. Je suis mis en examen dans trois dossiers, dont le meurtre de Richard Casanova NDLR autre figure de la Brise de mer. Ma vie peut basculer avec une condamnation. Je ne suis pas un saint. Mais certainement pas un assassin.

je me brise lorsqu on me nomme